Save Detroit

L’histoire de Detroit est connue, c’est surement la plus incroyable histoire de désindustrialisation et de dépeuplement d’une ville. Sa population de a grimpé de 285000 personnes en 1900 à 1900000 en 1950, dopée par l’industrie automobile, pour ensuite chuter à 700000 habitants aujourd’hui.

 

 

La population blanche aisée est partie et Detroit compte maintenant 83% d’afro-américains. C’est aussi la faillite la plus incroyable des USA, avec une dette de 18 Milliards et les restrictions de budget et de personnels que cela entraine. 67000 maisons ont été saisies lors de la crise des subprimes. Une Police peu présente et la forte pauvreté ont pour conséquence un taux de criminalité record de 53 homicides par 100000 habitants. 2/3 des maisons sont inhabitées et tombent en ruine, les rues sont vides et peu entretenues, l’éclairage public fonctionne mal plongeant certains quartiers dans la pénombre, à cause de la politique de la ville de délaisser certains quartiers pour pousser les habitants à revenir vers le centre ville.

 

 

Au premier abord Detroit apparaît comme une ville dangereuse et inquiétante, et donne plutôt envie au voyageur de vite repartir. Mais cette situation inédite est aussi très intéressante.

 

 

Todd a 35 ans et m’a logé après contact sur internet. Il a grandi à Detroit et aime sa ville. Quand je lui ai avoué que je venais ici pour ‘photographier une ville « morte » ’, il m’a rétorqué qu’au contraire, tout était à refaire et que tout était possible. Il y a de grands espaces inutilisés et une maison peut s’acquérir pour 1 $. Quelques communautés sont venues s’y installer. Il a lui-même racheté un terrain de son quartier pour y construire et louer le logement. Certains habitants rachètent les terrains autour de chez eux pour et y installer des potagers communautaires, et cette pratique pourrait bien devenir importante pour Detroit, si ce n’est financièrement, au moins pour l’aménagement urbain. Il y a également beaucoup d’art de rue, qui redonne des couleurs et de la joie à Detroit, comme le projet Heidelberg lancé par un militaire en 1986 après avoir retrouvé son quartier déserté à son retour de la guerre. Un matin Todd allait élaguer bénévolement des arbres dans Detroit et m’a proposé de venir avec lui après qu’il eut voté. Il a dans le passé dirigé une équipe de 40 personnes, progressivement réduite, mais la ville de Detroit ne le payant plus assez il s’est installé à son compte. Trouve-t-on ailleurs qu’à Detroit des habitants travaillant par amour de leur ville : ils entretiennent, créent et se réapproprient leur ville.

Beaucoup de quartiers de Detroit sont plongés dans l’obscurité, seuls 40 % des lampadaires fonctionnent. La plupart des fast-food n’ouvrent plus que leur drive.

Beaucoup d’habitats à l’aspect fantômatique dans Detroit, certaines sont à vendre à 1 dollar comme la maison de la photo de droite.
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Reportage, USA, World
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